
Le vibe coding en 30 secondes
Tu ouvres une fenêtre, tu tapes « crée-moi un site de réservation pour un salon de coiffure avec un formulaire et un calendrier », et quelques minutes plus tard un site tourne dans ton navigateur.
Tu n'as pas écrit une ligne de code. Tu n'as même pas regardé celui qui a été produit.
C'est ça, le vibe coding. Une pratique qui a un an et demi, un nom officiel depuis novembre 2025, et déjà une réputation coupée en deux : révolution pour les uns, générateur de dette technique pour les autres.
La vérité est plus utile que ces deux camps. Le vibe coding fait très bien certaines choses, et très mal d'autres. On va voir lesquelles.
Le vibe coding, c'est quoi exactement ?
Le vibe coding est une façon de créer un logiciel où tu décris ton besoin en langage naturel, français ou anglais, et où une intelligence artificielle génère le code correspondant. Tu ne relis pas forcément ce qu'elle produit. Tu testes, tu constates que ça fonctionne ou non, et tu itères en lui décrivant ce qui cloche.
Retiens bien la deuxième phrase, parce que c'est elle qui définit vraiment le terme.
Utiliser l'IA pour t'aider à coder, ça existe depuis des années. Ce qui distingue le vibe coding, c'est le lâcher-prise : tu abandonnes volontairement le contrôle sur le code lui-même pour ne juger que le résultat visible.
D'où vient le terme
Le 2 février 2025, Andrej Karpathy, cofondateur d'OpenAI et ancien directeur de l'IA chez Tesla, poste sur X une phrase qui va faire le tour du monde. Il y décrit une nouvelle façon de coder où l'on se laisse porter par le ressenti au point d'oublier que le code existe.
Le message est presque une blague d'ingénieur. Il devient une catégorie.
Le 6 novembre 2025, le dictionnaire britannique Collins couronne « vibe coding » expression de l'année, devant broligarchy et aura farming. La définition retenue : utiliser l'intelligence artificielle sollicitée en langage naturel pour aider à écrire du code informatique.
Quand un dictionnaire enregistre un mot né sur les réseaux onze mois plus tôt, ce n'est plus une mode de niche.
Ce que ça change concrètement
Prends un besoin banal : une page de tarifs avec trois offres et un bouton sur chacune.
Avant, il fallait connaître le HTML pour la structure, le CSS pour la mise en forme, et un peu de JavaScript pour le bouton. Compte quelques heures si tu débutes, plus le temps de comprendre pourquoi ça ne s'affiche pas comme prévu sur mobile.
Aujourd'hui, tu écris ta demande en français, tu précises que tu veux trois colonnes, une offre mise en avant au milieu et un affichage propre sur téléphone, et tu obtiens la page en deux minutes.
Le travail n'a pas disparu. Il s'est déplacé vers la formulation de la demande et le contrôle du résultat.
Vibe coding, no-code, IA générative : quelle différence ?
C'est la confusion la plus fréquente chez nos élèves, et elle a des conséquences très concrètes sur les projets.
Le no-code, ce sont des outils comme Webflow, Framer ou Shopify. Tu assembles des éléments visuels dans une interface, l'outil génère le rendu final, et tu restes à l'intérieur d'un cadre défini par la plateforme. Tu ne possèdes pas le code, tu possèdes un projet dans un outil.
Le vibe coding produit du vrai code source. Des fichiers, sur ta machine ou dans un dépôt. Aucun plafond fonctionnel, mais aucun garde-fou non plus.
| No-code | Vibe coding | |
|---|---|---|
| Ce que tu manipules | Une interface visuelle | Une conversation |
| Ce que tu obtiens | Un projet dans un outil | Des fichiers de code |
| Les limites | Celles de la plateforme | Celles de ta capacité à cadrer et à vérifier |
| Édition par un client | Prévue nativement | À construire toi-même |
| Compétence clé | Le design et la structure | La formulation et la relecture |
| Idéal pour | Sites vitrines, e-commerce, sites clients | Prototypes, outils internes, fonctionnalités sur mesure |
Les deux ne s'opposent pas. Chez CORIACE, on enseigne les deux, et c'est leur combinaison qui rend un freelance vraiment rapide.
Comment ça marche concrètement ?
Le processus tient en quatre temps, toujours les mêmes.
1. Tu décris. Tu expliques ce que tu veux construire. C'est l'étape que tout le monde bâcle et qui détermine 80 % du résultat.
2. L'IA génère. Elle produit le code, parfois plusieurs fichiers d'un coup, et te montre un aperçu.
3. Tu testes. Tu cliques partout, tu regardes sur mobile, tu cherches ce qui ne va pas.
4. Tu itères. Tu décris le problème, l'IA corrige, tu retestes. Trois ou quatre passes suffisent pour la plupart des demandes simples.
L'écart entre un résultat moyen et un résultat exploitable se joue presque entièrement à l'étape 1.
Compare ces deux demandes.
Version faible : « fais-moi une section de témoignages ».
Version cadrée : « crée une section de témoignages avec trois cartes en ligne sur ordinateur et un carrousel sur mobile, chaque carte contient une photo ronde, un nom, une fonction et deux lignes de texte, palette bleu nuit et blanc cassé, sans librairie externe ».
La première te donne un bloc générique que tu vas devoir reprendre entièrement. La seconde te donne quelque chose d'utilisable du premier coup.
C'est exactement ce qu'on formalise dans la méthode CORIACE : Contexte, Objectif, Rôle, Instructions, Attendu, Contraintes, Exemples. Sept composants, et chacun se voit dans la qualité de la sortie.
Quels outils pour faire du vibe coding en 2026 ?
Le marché s'est structuré en deux familles bien distinctes. Choisir la mauvaise pour ton besoin, c'est perdre des jours.
Les agents de code, qui vivent dans ton terminal ou ton éditeur. Claude Code d'Anthropic, Codex d'OpenAI, Cursor. Ils lisent ton projet entier, écrivent, lancent des commandes, corrigent leurs propres erreurs. Puissants, mais ils supposent que tu saches manipuler des fichiers.
Les générateurs d'application, qui vivent dans ton navigateur. Lovable, Bolt, v0, Base44, Replit. Tu décris, ils construisent une application complète avec sa base de données et son hébergement. Beaucoup plus doux pour débuter.
À côté, une troisième catégorie a émergé : les outils orientés design, comme Claude Design ou Figma Make, qui produisent des interfaces plutôt que des applications fonctionnelles.
| Outil | Famille | Prix d'entrée | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Claude Code | Agent | Environ 20 $/mois via Claude Pro | Ceux qui veulent garder le contrôle |
| Codex | Agent | Inclus dans ChatGPT, version gratuite limitée | Ceux qui veulent tester sans payer |
| Cursor | Agent dans un éditeur | Environ 20 $/mois | Ceux qui aiment voir les fichiers |
| Lovable | Générateur d'app | Environ 25 $/mois | Débutants complets |
| Bolt, v0, Base44, Replit | Générateurs d'app | 20 à 25 $/mois | Prototypes et MVP |
| Claude Design, Figma Make | Design | Inclus dans l'abonnement de l'outil | Webdesigners |
Ces tarifs bougent tous les quelques mois. Vérifie toujours la page officielle avant de t'abonner.
Si tu hésites entre les deux agents les plus utilisés, on a comparé Claude Code et Cursor en détail, et on a aussi passé au crible Lovable, ses prix et ses alternatives. Pour le duel entre les deux agents de terminal, notre comparatif Codex face à Claude Code tranche selon ton profil.
Le vibe coding a-t-il vraiment des limites ?
Oui, et elles sont documentées. Les connaître à l'avance, c'est ce qui sépare une démo qui impressionne d'un projet qui tient.
La sécurité. Veracode teste depuis 2025 la sécurité du code produit par les grands modèles, sur un banc d'essai constant de 80 tâches. Le rapport 2026, portant sur plus de 150 modèles, donne 56 % de générations sécurisées. Autrement dit, dans près d'un cas sur deux, le modèle introduit de lui-même une faille classée au Top 10 de l'OWASP. Et la courbe stagne depuis deux ans pendant que la justesse syntaxique, elle, dépasse 95 %.
La qualité. Une analyse de 470 demandes de fusion menée par CodeRabbit relève 10,83 problèmes par requête sur du code co-écrit avec l'IA, contre 6,45 sur du code humain. Environ 1,7 fois plus.
Le mur des 80 %. C'est celle que nos élèves rencontrent le plus. Ton projet avance vite, très vite, puis il casse. Et comme tu n'as jamais lu le code, tu ne sais ni où ni pourquoi. Chaque correction en casse une autre. Tu tournes en rond.
Le coût de la reprise. Récupérer un projet vibe-codé devenu ingérable peut mobiliser des semaines. De quoi annuler tous les gains du départ.
Bonne nouvelle au passage : le choix du modèle change déjà les chiffres. Les modèles dits de raisonnement montent à 70-72 % de code sécurisé selon le même banc d'essai. Savoir lequel activer dans ton outil, c'est une compétence en soi.
Peut-on livrer un site client en vibe coding ?
C'est la question que personne ne traite dans les guides sur le sujet, et c'est pourtant celle qui compte quand tu veux en vivre.
Imagine. Tu vibe-codes un site magnifique pour une cliente restauratrice. Tu livres. Deux semaines plus tard elle t'appelle : elle veut changer un prix sur la carte.
Elle ne le fera jamais elle-même. Elle t'appellera à chaque virgule. Ton site à 2 000 € vient de se transformer en abonnement de support gratuit à vie.
Trois options existent, et il faut choisir en connaissance de cause.
Livrer le code tel quel. Viable pour un outil interne, un prototype, une application que tu maintiens toi-même. Ça suppose un hébergement, un nom de domaine, et que tu assumes la maintenance.
Repasser par un outil no-code pour le site final. Tu utilises l'IA pour concevoir, explorer des directions, générer des sections et des fonctionnalités, puis tu construis le site dans Webflow ou Framer, où ta cliente aura un vrai back-office pour modifier ses textes toute seule. C'est le choix par défaut de notre Studio sur les projets clients.
Mélanger les deux. La structure et le contenu dans l'outil no-code, les fonctionnalités sur mesure générées par l'IA et intégrées en tant que composants. C'est le workflow le plus rentable une fois qu'on le maîtrise, parce qu'il combine la vitesse de l'IA et l'autonomie du client.
Le vibe coding pur est excellent pour valider une idée en deux heures. Pour un site que tu factures et que quelqu'un d'autre devra faire vivre, la question n'est plus « est-ce que ça marche » mais « est-ce que ça se maintient ».
Vibe coding ou agentic engineering : le mot est-il déjà dépassé ?
Février 2026, un an jour pour jour après son tweet fondateur. Karpathy revient sur le sujet et enterre son propre terme.
Son constat : programmer via des agents est devenu le mode de travail par défaut des professionnels, mais avec beaucoup plus de supervision. Il propose un autre nom, agentic engineering. Agentic parce que tu n'écris plus le code toi-même 99 % du temps, tu orchestres des agents qui le font. Engineering parce qu'il y a un métier, une rigueur et une expertise là-dedans.
Ce n'est pas un changement cosmétique. C'est un déplacement de la valeur.
En 2025, la compétence rare était de savoir prompter. En 2026, c'est de savoir cadrer un projet, choisir une architecture, relire ce qui sort et refuser ce qui ne va pas.
Comment se lancer dans le vibe coding quand on débute ?
Cinq étapes, dans cet ordre, et les trois premières sont gratuites.
Étape 1. Choisis un outil de la famille navigateur. Lovable ou Bolt en version gratuite. Tu évites l'obstacle du terminal, tu vois un résultat en dix minutes.
Étape 2. Construis un truc inutile. Un compteur, un générateur de citations, une page pour ton chat. L'objectif est de comprendre la boucle décrire, tester, corriger, pas de produire quelque chose de vendable.
Étape 3. Casse-le volontairement. Demande une modification lourde et observe ce qui se passe. Tu apprendras plus en une heure de bug qu'en dix vidéos.
Étape 4. Structure tes prompts. C'est là que tu passes de résultats aléatoires à des résultats reproductibles. Contexte, objectif, contraintes, exemple attendu.
Étape 5. Apprends à relire. Pas à écrire du code, à le relire. Savoir repérer un formulaire qui envoie des données sans protection, c'est le minimum vital avant de facturer un client.
Pour t'entraîner sans rien dépenser, la chaîne YouTube Coriace | No-Code publie des tutos réguliers, et nos initiations sont offertes sur chaque outil. Le Discord réunit 1 300 no-codeurs qui débloquent les questions bêtes en quelques minutes.
Questions fréquentes
C'est quoi le vibe coding en français ?
Le vibe coding, littéralement « coder au ressenti », désigne une méthode de création logicielle où tu décris ce que tu veux en langage naturel et où une intelligence artificielle écrit le code à ta place. Tu ne relis pas forcément ce qu'elle produit : tu juges le résultat sur le fait que ça fonctionne ou non, puis tu itères. Le terme est utilisé tel quel en français, aucune traduction officielle ne s'est imposée.
Qui a inventé le terme vibe coding ?
Andrej Karpathy, cofondateur d'OpenAI et ancien directeur de l'intelligence artificielle chez Tesla, dans un message publié sur X le 2 février 2025. Il y décrivait une façon de coder où l'on se laisse porter par le ressenti au point d'oublier que le code existe. Le dictionnaire Collins a fait de l'expression son mot de l'année 2025.
Quelle différence entre le vibe coding et le no-code ?
Le no-code te fait assembler des blocs visuels dans une interface, à l'intérieur des limites de la plateforme, et ne génère jamais de code que tu manipules. Le vibe coding produit du vrai code source que tu possèdes, sans plafond fonctionnel, mais sans garde-fou non plus. Le no-code est plus adapté aux sites clients que le client doit pouvoir modifier lui-même, le vibe coding aux prototypes et aux fonctionnalités sur mesure.
Faut-il savoir coder pour faire du vibe coding ?
Non pour commencer, oui pour aller loin. N'importe qui peut obtenir un résultat visible en quelques minutes avec un outil comme Lovable ou Bolt. Mais dès que le projet grossit, il faut savoir relire ce que l'IA produit, comprendre pourquoi ça casse et refuser une mauvaise proposition. La compétence a changé de nature, elle n'a pas disparu.
Le vibe coding est-il gratuit ?
En partie. La plupart des outils proposent une version gratuite limitée, largement suffisante pour tester et construire un premier projet. Codex est inclus dans le plan ChatGPT gratuit. Les plans payants démarrent autour de 20 à 25 $ par mois selon l'outil. Claude Code fait exception, il nécessite au minimum un abonnement Claude Pro.
Peut-on faire du vibe coding en français ?
Oui. Tu écris tes demandes en français et les outils te répondent en français, explications comprises. L'interface reste souvent en anglais, mais ça ne change rien au dialogue. Le code généré, lui, est toujours dans un langage de programmation classique, quelle que soit la langue dans laquelle tu formules ta demande.
Un site créé en vibe coding est-il sécurisé ?
Pas par défaut. Le rapport Veracode 2026, qui teste plus de 150 modèles sur un banc d'essai constant, conclut que 56 % seulement des générations produisent un code sécurisé. Dans les autres cas, le modèle introduit lui-même une faille classée au Top 10 de l'OWASP. Tant que tu ne sais pas relire ce qui est produit, fais vérifier les parties sensibles : formulaires, comptes utilisateurs, paiements.
Le vibe coding est-il déjà dépassé ?
Le mot, peut-être. La pratique, non. En février 2026, Karpathy a proposé de parler plutôt d'agentic engineering pour désigner ce que font les professionnels : orchestrer des agents plutôt qu'écrire le code, tout en gardant la responsabilité de l'architecture, des tests et de la relecture. Le changement de vocabulaire traduit un déplacement de la valeur, du prompt vers le cadrage et le contrôle.


